Sept pères sur dix exercent leur droit au congé de paternité

Une étude de la Drees (ministère de la Santé) fait le point sur le recours des pères au congé de paternité. Elle conclut que ce droit est exercé par sept pères sur dix, plus fréquemment pour la première naissance que pour la troisième. En outre, les salariés en poste et en CDI sont plus enclins à en profiter que les indépendants et les demandeurs d’emploi.

 

L’étude réalisée par Émilie Legendre et Bertrand Lhommeau (Drees), avec la participation de Justine Vincent de l’ENS Lyon esquisse le portrait-robot du bénéficiaire du congé de paternité. Ce break d’une durée maximale de onze jours est ouvert depuis le 1er janvier 2002 aux pères qui travaillent ou qui ont perçu une allocation chômage au cours des 12 derniers mois.

 

Sept personnes sur dix concernées en profitent et prennent dans la plupart des cas la totalité des jours accords par la législation. Les pères de moins de 40 ans en poste en CDI sont plus enclins à ouvrir la parenthèse pour s’occuper de leur enfant. En outre, les salariés du secteur public ont davantage recours au dispositif : ils sont près de neuf sur dix à avoir pris leur congé de paternité.

 

Concernant les pères exerçant une activité comme indépendant, le plafond de versement des indemnités journalières est plus bas que celui des salariés du privé, ce qui pourrait expliquer leur faible recours . « Seuls 13 % des pères chômeurs ont exercé leur droit au congé, contre près de trois quarts des pères qui travaillaient ; les premiers pourraient ne pas toujours ressentir la nécessité du congé de paternité pour être présents auprès de leur enfant, en raison d’une plus grande disponibilité », explique la Drees. Par ailleurs, la volonté de profiter de ce temps d’arrêt s’émousse avec le temps. Pour la première naissance, trois pères sur quatre exercent leur droit. Le ratio n’est plus que de deux sur quatre, à partir du troisième enfant.

« La législation impose aux pères qui souhaitent bénéficier d’un congé de paternité de le commencer dans un délai de quatre mois maximum après la naissance de leur enfant. Mais, dans les faits, le congé du père coïncide très souvent avec celui de la mère », constatent les auteurs.