Sondage : les salariés sont pour une réforme du Code du travail, mais ne croient pas que cela créera des emplois

Les Editions Tissot, spécialisées en documentation, formation et conseil en droit du travail, comptabilité et fiscalité pour les professionnels, publient les résultats d’une enquête menée en partenariat avec OpinionWay sur l’avis des salariés français face à la réforme du Code du travail. Résultat : deux trois trois le jugent inapproprié, mais ils le considèrent comme un rempart plus protecteur que l’accord d’entreprise.

Seul un salarié sur trois considère que le Code du travail est encore approprié. Ils le trouvent figé et peu adapté au monde du travail d’aujourd’hui. Pourtant, la majorité des personnes interrogées restent prudentes concernant son évolution, redoutant que les employeurs qui soient les premiers bénéficiaires. Ils sont 68% à penser que si le Code du travail laisse plus de place à la négociation par accords d’entreprise, leurs droits seront réduits.

 

Précisément, le Code du travail est considéré par 29% des salariés sondés comme le premier bouclier du travailleur, loin devant les accords de branche (20%) et les représentants du personnel (15%). « La prééminence de l’accord d’entreprise voulue par la réforme devrait donc créer un stress, le Code garantissant dans l’esprit du salarié une forme d’équité, car il est le même pour tous. On retrouve aussi, dans leurs réponses, la perte de confiance qu’ont les salariés dans leur syndicat, à qui ils préfèrent le Code du travail, aussi critiqué soit-il ! », analyse Ronan Chastellier.

 

Dans un autre registre, le sondage révèle que les salariés ne croient pas au mirage de la flexibilité créatrice d’emplois. Pour 64% d’entre eux, licencier plus facilement ne signifiera pas automatiquement embaucher tout aussi aisément. Toutefois, les moins de 35 ans, plus ouverts au changement sont plus nombreux que la moyenne à miser sur la libéralisation du marché du travail (41% d’entre eux sont d’accord avec cette théorie).

 

En outre, le sondage souligne que les salariés souhaitent être davantage consultés, en direct, sur leurs conditions de travail (88%), leur rémunération (87%), les avantages sociaux (87%), et un peu moins majoritairement sur l’organisation du temps de travail (82%) et la durée de travail (75%). Ils veulent décider eux-mêmes, par référendum, plutôt que de s’en remettre aux représentants du personnel élu, et encore moins aux syndicats.