Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté : le comité d’évaluation au rapport

Le comité d’évaluation de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, présidé par Louis Schweitzer et piloté par France Stratégie, publie son rapport 2021. Il fait le point sur la mise en œuvre, livre les premiers éléments de son évaluation. Le rapport est assorti de dix recommandations aux pouvoirs publics

 

1— Mettre en place rapidement une définition de la grande pauvreté qui puisse donner lieu à une mesure par l’Insee du nombre de personnes concernées et qui associe d’autres critères à la pauvreté monétaire.

 

2— Augmenter les moyens de la Délégation interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté (DIPLP) pour qu’elle puisse assurer le suivi adéquat d’une politique de l’ampleur de celle de la Stratégie.

 

3— Avoir les moyens d’un suivi systématique des mesures de la stratégie.

 

4— Assurer une continuité dans la lutte contre la pauvreté et ne remettre en cause des mesures que si l’expérience, validée par une étude scientifique, démontre que leur efficacité n’est pas à la hauteur des moyens mis en œuvre.

 

5— Poursuivre l’évaluation au-delà de 2022 et combler les manques en matière de données pour disposer des indicateurs d’évaluation, en particulier pour les mesures concernant les enfants et les jeunes.

 

6— Affirmer clairement le positionnement interministériel des commissaires à la lutte contre la pauvreté et renforcer leur appui administratif.

 

7— Examiner rapidement l’opportunité d’étendre la prise en charge par l’État du financement du RSA pour les départements faisant face à des difficultés, comme cela a déjà été fait et est prévu à titre expérimental par le projet de loi « relatif à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l’action publique locale ».

 

8— Poursuivre la lutte contre le non-recours en évaluant systématiquement l’efficacité des politiques d’accès aux droits, en élargissant rapidement les dispositifs dont l’efficacité a été démontrée, et en mobilisant rapidement et largement les possibilités ouvertes par l’article 82 de la LFSS pour 2021.

 

9— Reprendre la concertation sur le revenu universel d’activité afin de pouvoir mettre en place dès que possible une prestation de ce type.

 

10— Les éléments d’information déjà disponible sont suffisants pour recommander d’expérimenter sans délai la mise en place d’une prestation monétaire pour les jeunes en étude, en emploi peu rémunéré, ou en recherche d’emploi de 18 à 24 ans les plus démunis, afin d’observer les effets réels d’une telle politique et d’éclairer la décision publique sur son éventuelle pertinence. Le comité d’évaluation a publié en octobre 2020 une note sur les effets attendus de la crise du coronavirus sur la pauvreté. Il publiera une nouvelle note à l’automne afin de faire un point d’étape sur ce sujet.

 

Le rapport complet peut être consulté ici :https://bit.ly/3mcuNt4