Stress : les conflits avec la hiérarchie ou les collègues et les incivilités sont les premières causes

La plateforme de prise en charge du stress Pros-Consulte publie ce 21 janvier  l’édition 2019 de son baromètre annuel. Établi sur la base de près de 11 000 appels traités l’an dernier, il  hiérarchise les principaux motifs de pression psychologique en milieu professionnel. Résultat : la souffrance liée  stress lié aux conflits, aux incivilités ainsi qu’au harcèlement sont en forte augmentation.

 

En recul l’année dernière, le poids des problématiques privées impactant la sphère professionnelle continue d’affecter lourdement la qualité de vie au travail et accuse une hausse de + 4,7% représentant 28,1% des appels en 2018 (vs 23,4% en 2017).

 

L’impact des problématiques personnelles sur la sphère professionnelle est lié aux problèmes personnels d’origine familiale : 77% des appels (2 373 appels sur 3 082 appels pour problèmes personnels reçus), aux difficultés personnelles d’ordre économique : 23% des appels (709 appels sur 3 082 appels pour problèmes personnels reçus).

 

Les causes de harcèlement, qui représentent 8% des motifs d’appel, relèvent d’un « ressenti de harcèlement moral « : 86% (755 appels sur 878), d’un « ressenti de harcèlement sexuel » : 14% (123 appels sur 878). Pour la première fois, les appels pour cause de discrimination entrent dans le classement cette année.

 

L’organisation du travail et les contraintes (35% des motifs d’appel pour cause professionnelle), ainsi que les conflits avec la hiérarchie, les collègues ou les incivilités, à 46%, en hausse de 9% par rapport à 2017 (+13% vs 2016), représentent les deux facteurs les plus importants de stress au travail.

 

Les conflits avec la hiérarchie trouvent leur source dans une trop grande pression exercée sur les salariés et les agents, et par des dysfonctionnements managériaux. Par ailleurs, les agressions et incivilités qui s’inscrivaient à la baisse en 2017 (-3%) repartent à la hausse en 2018 (+2%). A noter que l’épuisement professionnel (-4,8 %), et le manque de reconnaissance (-3%) connaissent une baisse significative.

 

Avec 73,8 % des appels en 2018, les femmes représentent toujours la plus forte proportion d’appelants. On observe néanmoins une progression constante des appels passés par les hommes (22,5% en 2016, 24,1% en 2017, 26,2% en 2018).

 

Malgré un léger recul, techniciens et agents restent les fonctions les plus touchées par le stress professionnel (55,7%). Mais on observe encore une fois cette année une augmentation des appels chez les cadres. Et si l’on considère que les cadres représentent moins de 16,7% de la population active, avec 33% des appels, ils sont aujourd’hui proportionnellement les plus touchés par les risques psychosociaux.

 

Dans le cadre de la prise en charge des risques psychosociaux (RPS) par sa plateforme d’écoute et de conseil, Pros-Consulte reçoit près de 1000 appels par mois émanant de salariés et agents de 400 entreprises publiques et privées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La moyenne d’âge s’élève légèrement passant de 45,7 à 46,2 ans.

 

 

 

Le traumatisme professionnel, un facteur à surveiller

 

Les appels liés à un traumatisme professionnel (accident de travail, agression, perte d’un collègue, mort d’un patient pour les professionnels de santé, …) affichent une forte hausse (6,2% vs 3,7% en 2017), confortant la nécessité de sensibiliser management et collaborateurs.

 

 

 

 

 

L’étude menée par Pros-Consulte permet de dresser une cartographie précise et d’analyser la souffrance des salariés. Selon les structures, 1 à 7% de salariés appellent et plus de 65% des appelants sont orientés, après quelques consultations, auprès de personnes ressources au sein de l’entreprise ou à l’extérieur : médecins généralistes, psychologues en face à face, psychiatres, médecins du travail, DRH, IRP, associations d’aide aux victimes, centres médico-psychologiques mais aussi de plus en plus vers des « délégués éthiques » mis en place par les entreprises et structures publiques