Sur le marché de l’emploi, les jeunes issus de l’immigration cumulent les handicaps

Plus souvent décrocheurs, les jeunes d’origine maghrébine éprouvent davantage de difficulté à mettre le pied à l’étrier. Une fois en poste après avoir enchaîné périodes de chômage et petits boulot,  ils doivent se contenter de postes de moins bonne qualité que leurs homologues français ou européens.

 

L’étude du Céreq est formelle : les jeunes d’origine maghrébine présentent en moyenne de plus faibles niveaux de formation initiale. Ils sont plus nombreux à sortir du système scolaire sans aucun diplôme, comparés aux jeunes Français d’origine et à ceux originaires d’Europe du sud. Ce n’est pas étonnant : 40 % d’entre eux sont enfants d’ouvriers contre 12 % pour les Français d’origine ; 23 % résident en zone urbaine sensible (zus) à la sortie du système éducatif contre 4 % .

 

Le handicap se poursuit sur le marché de l’emploi. Cette catégorie défavorisée subit couramment 27 mois de chômage durant les sept premières années de vie active contre moins de 11 pour les Français d’origine. Astreints à la précarité, ils enchaînent plus fréquemment des périodes d’emploi et galère.

 

« De même, des disparités importantes selon l’origine s’observent sur la durée d’accès à un premier emploi », précise le Céreq. Les jeunes d’origine maghrébine bataillent plus de 11 mois avant de décrocher un premier job d’au moins six mois, contre 7 mois pour les jeunes Français d’origine et 6 mois pour ceux originaires d’Europe du sud. Les écarts s’accroissent sur la durée d’accès à un CDI : 24 mois en moyenne pour les jeunes descendants d’immigrés maghrébins contre 15 mois pour les Français d’origine et 14 mois pour ceux originaires d’Europe du sud.

 

Les disparités dans l’accès à l’emploi sont également visibles dans les caractéristiques des emplois. Après trois ans de vie active, les jeunes d’origine maghrébine occupent des emplois plus précaires que les Français d’origine. Ils sont notamment surreprésentés dans l’intérim et sous-représentés dans les postes de fonctionnaires.

 

En termes de rémunération, ils doivent se contenter de traitements inférieurs. 32 % d’entre eux perçoivent moins que le SMIC mensuel, résultat d’une sur représentation des temps partiels. Quelque 15 % de happy few se situent au-dessus du salaire médian. Pour couronner le tout, s bénéficient également moins de promotion et d’augmentation salariale au sein de leur entreprise depuis leur embauche.