40 800 emplois menacés dans la production pharmaceutique, selon Roland Berger

A la demande du Leem qui fédère les entreprises du médicament), le cabinet Roland Berger a cartographié le tissu industriel pharmaceutique de l’Hexagone et en a dégagé les forces et faiblesses.

 Côté forces, la France demeure une grande puissance industrielle du médicament, avec une contribution majeure à la balance commerciale (+ 8,8 Md€ en 2013), une place de n°2 en Europe en termes d’emplois industriels (autant que l’aéronautique), et une valeur sociétale (charges sociales, impôts et taxes rapportés au pays) de l’ordre de 7,2 Md€. Ses usines ont un savoir faire mondialement reconnu.

En dépit de ces atouts, « l’instabilité des décisions politiques, le poids de la fiscalité, la complexité du droit social » ont un impact négatif, selon le Leem qui s’appuie sur l’étude qu’elle a commanditée. Sans parler de l’évolution défavorable des prix. Résultat : les 40 800 emplois directs de production pharmaceutique sont générés par des molécules chimiques (pour 85 % d’entre eux) , dont les trois quarts sont  à forte maturité . « Ces emplois sont particulièrement exposés, puisque les produits dont ils dépendent sont faiblement pris en charge, positionnés sur des prix modestes, et exposés à court ou moyen terme à la concurrence des génériques », poursuit l’organisation patronale, invoquant Roland Berger.

Leader dans la production de vaccins, notre industrie pharmaceutique déçoit en ce qui concerne les médicaments biologiques, souligne le document. Par exemple, sur les 130 nouvelles molécules autorisées en Europe en 2012-2014, seulement 8 seront produites en France, contre 32 en Allemagne, 28 au Royaume-Uni et 13 en Irlande ou en Italie. Conclusion du Leem:  des mesures d’urgence s’imposent