Apprentissage : Transmettre le flambeau

Par Carole Delga,
secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire, auprès du ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique

Quelques milliers d’entreprises disparaissent chaque année, faute de transmission correctement anticipée. Au moment où nous luttons tous pour l’emploi, pour redresser la France, il faut agir !

Pour chaque dirigeant qui va partir à la retraite, c’est tout un écosystème qui est ébranlé : les territoires et les salariés, mais également les savoir-faire et les talents risquent d’être perdus. Plus que d’autres, en raison de leur petite taille, les commerçants et les artisans sont concernés. Il s’agit des hôtels, des cafés, des restaurants mais également des salons de coiffure, des charcuteries ou des boulangeries. Ces professionnels font vivre l’économie locale, et ils créent quotidiennement une richesse qui ne se compte pas uniquement en points de PIB.

C’est pourquoi, dans le cadre de ma mission, je souhaite faciliter la transmission   d’entreprise, aider les chefs d’entreprise à mieux anticiper leurs démarches et les accompagner :

en levant les obstacles de financement, avec l’aide de Bpifrance, la Banque Publique d’Investissement, et la SIAGI, la Société Interprofessionnelle Artisanale de Garantie d’Investissements ;

en sensibilisant les salariés de ces entreprises pour qu’ils s’imaginent un jour à leur direction ; reprendre, c’est une autre façon de créer en bénéficiant d’un existant fort ; en outre, les bons taux de réussite en témoignent : c’est aussi une opportunité exceptionnelle pour les jeunes qui souhaitent se lancer.

La loi sur l’Économie Sociale et Solidaire du 31 juillet facilite justement la reprise d’entreprises par les salariés, avec le droit à la formation et le droit d’information préalable. Le droit d’information préalable permet aux salariés d’être informés de l’intention du chef d’entreprise de céder son affaire 2 mois avant la notification du projet de cession et d’avoir ainsi le temps de proposer le cas échéant une offre de reprise. Notre ambition est de placer les salariés dans la situation d’être des repreneurs et de constituer une solution aux fermetures nombreuses d’entreprises saines, faute de repreneurs.

en encourageant l’apprentissage ; c’est pourquoi le Président de la République s’est personnellement engagé sur cette question dans le cadre de la priorité donnée à la jeunesse. L’ambition des 500 000 jeunes en apprentissage en 2017 est réaffirmée, et pour parvenir à cet objectif ambitieux, le Président de la République a réuni, durant les Assises de l’apprentissage, le 19 septembre dernier, les partenaires autour des ministres les plus concernés, François Rebsamen, Najat Vallaud-Belkacem, Marylise Lebranchu et moi-même, pour des mesures fortes et concrètes, d’ores et déjà engagées :

pour tout apprenti supplémentaire, une prime de 1 000 euros sera accordée à toutes les entreprises jusqu’à 250 salariés ; pour les TPE, le dispositif sera porté à 2 000 euros; ces mesures prendront effet dès cette rentrée ;

il existe également des aides spécifiques pour les jeunes apprentis :

aides à l’insertion sociale des jeunes apprentis en difficulté, dans les secteurs où le taux de chômage et le plus élevé, grâce aux 100 millions d’euros de fonds européens ;

l’État mobilise une enveloppe de 80 millions d’euros dans le cadre du Programme d’Investissement d’Avenir, pour le logement des apprentis.

Nous devons aussi agir sur l’employabilité des apprentis, ainsi que sur l’image de l’apprentissage auprès des jeunes, des parents, des équipes pédagogiques et des professionnels. Le Fonds National de Promotion et de Communication de l’Artisanat, un outil original et partagé entre l’État et les artisans, est d’une aide précieuse et va financer une campagne des métiers de l’Artisanat. Il faut aussi refonder l’orientation des jeunes et agir sur la féminisation dans cette voie d’excellence.

De père en fils, de maître à élève, d’entrepreneur à repreneur, la transmission est la raison d’être de nos métiers et de nos savoir-faire ; c’est la condition de survie de nos entreprises.