Parité dans les chambres de commerce et d’industrie : pour que « suppléant » ne se conjugue pas qu’au féminin

 L’inégalité femme-homme au sein des chambres de commerce et d’industrie  (CCI) est indéniable. Les femmes représentent 45 % de la population active et 30 % des créateurs et des chefs d’entreprises. Pourtant,  seulement 10 à 15 % de femmes détiennent aujourd’hui en France des mandats économiques et encore moins des postes stratégiques. Le combat de FCE France, mené depuis plus de 70 ans, est loin d’être terminé. La parité n’est presque plus un sujet, mais le partage des responsabilités et des places de pouvoir en est un de plus en plus brûlant.

 

En 2010, suite aux dernières élections consulaires, sur 4 806 élus,  les femmes étaient au nombre de 679 soit 14 %,  dont 276 des élus au commerce, 221 élues dans les services et 188 dans l’industrie. Parmi celles-ci, seules 4 % ont accédé aux postes de gouvernance (présidences, bureaux…) soit une présence bien inférieure à celle des hommes. Sur 152 chambres, seules six ont désigné une présidente. L’évolution est donc bien lente, malgré une prise de conscience de l’État et des actions législatives prises pour faire de l’égalité femme-homme une réalité au sein des exécutifs des organisations (loi Coppé Zimmermann, loi sur l’égalité réelle de 2014.) Il faudra une véritable action volontariste pour atteindre une équité et un véritable équilibre femme — homme dans les postes de pouvoir .

 

Une première action concrète est la désignation d’un binôme femme — homme obligatoire pour les  chambres de commerce et d’industrie régionales (CCIR). Cette obligation introduit un système paritaire par le biais du dispositif titulaires — suppléants CCIR de sexe différent dès le renouvellement de 2016. L’objectif est d’atteindre un taux de féminisation global de 30 à 50 % en 2016, titulaires et suppléants confondus. Mais qu’en sera-t-il au niveau des CCI territoriales et quid de la gouvernance ? Il faudra être très attentifs à ce que « suppléant » ne se conjugue pas qu’au féminin. Ce sera une action de  moyen- long terme, visant trois objectifs. D’abord, encourager les femmes cheffes d’entreprises et les femmes entrepreneures à s’engager dans la vie publique. Ensuite, renforcer les partenariats entre CCI, organisations patronales et réseaux femmes cheffes d’entreprises. Enfin, inciter les ressortissantes à se porter candidates aux prochaines élections des CCI fin 2016.

 

Par Eva Escandon, présidente de Femmes cheffes d’entreprises (FCE France)

© Photo Emmanuel Watteau