Philippe Jaegger, président de la CFE CGC Chimie

Le président de la Fédération chimie de la CFE-CGC plaide que lance sans tarder l’exploration du potentiel gaz de schiste sur le territoire national. Il y voit des avantages économiques et un gisement d’emplois.

 

A l’occasion de la rédaction du livre blanc de la CFE-CGC Chimie sur « l’industrie moteur de l’emploi », de la loi sur la transition énergétique, du résultat du travail de l’institut Montaigne et de la publication  des derniers chiffres sur la croissance aux USA, la CFE-CGC Chimie veut attirer à nouveau l’attention des pouvoirs publics sur le potentiel d’emplois pour l’industrie que représenteraient l’exploitation des gaz de schistes pour la France.

 

L’utilisation du gaz naturel (méthane) comme matière première pour l’industrie chimique est aussi séduisante sur le plan conceptuel que pratique.

Pouvoir créer des produits élaborés comme des médicaments ou des matières plastiques à partir d’une molécule simple comme le méthane est un challenge que les chimistes ont su déjà réussir depuis longtemps, même si des améliorations de procédés ou des nouvelles voies de synthèse sont toujours travaillées afin de rendre plus économiques et moins polluantes, les voies d’accès à ces produits finis.

 

Aujourd’hui, ce qui inquiète les industriels européens, comme les salariés des groupes chimiques, sont que des milliards de dollars soient investis aux USA dans la construction d’usines basées sur le potentiel que représente l’utilisation d’un gaz bon marché. En effet, selon une étude de l’association des producteurs chimiques américains, une centaine de projets pour 72 milliards de dollars d’investissements conduiraient à créer 310 000 emplois dans les 5 ans, et représenteront une concurrence directe pour nos « vieilles » usines européennes.

 

Le marché Chinois sera probablement la première cible pour accueillir les produits ainsi fabriqués, car les américains iront redresser leur balance commerciale asiatique très déficitaire en leur vendant ces matières plastiques et le nylon au prix « européen » en faisant des marges confortables, l’Europe devra ensuite se battre contre l’importation de ces produits fabriqués par des usines largement amorties, à des prix rendant impossible une concurrence nationale.

 

Alors que faire pour rendre confiance aux industriels afin qu’ils investissent en France pour que nous puissions pérenniser nos emplois et notre niveau de vie ?

A court terme, la CFE-CGC Chimie pense que tous les éléments sont réunis pour que les spécialistes puissent examiner le potentiel d’extraction du gaz sur notre territoire. La technologie progresse, nous avons les champions mondiaux de l’extraction parmi nous (Total, Vallourec, l’institut français du pétrole,…) et nous avons développé historiquement des compétences mondialement reconnues dans l’exploitation des gaz non conventionnels, à Lacq par exemple.

 

Cette politique de recherche et d’innovation pour obtenir des matières premières à coût réduit doit, bien entendu, s’accompagner d’une extrême vigilance sur la signature d’accords de libre échange qui risquent de n’être libres que dans une seule direction, celle qui privilégierait les Etats Unis et leurs emplois, dans une déferlante inéducable de matières plastiques et d’autre produit synthétique à des prix de vente bénéficiant à la fois du faible coût des matières premières et de l’énergie mais aussi d’un taux de change extrêmement favorable dollars contre euros.

 

Enfin, la CFE-CGC Chimie veut croire que les industriels européens rassurés par les signes forts donnés par les pouvoirs publics dans cette direction recommenceront à penser à l’Europe non seulement comme un marché mais aussi comme une source de richesses par les productions industrielles qu’elle serait capable de fournir.

La CFE-CGC Chimie pense qu’ils pourraient alors relancer les investissements productifs en France.