Transitions professionnelles : les outils d’accompagnement restent méconnus

Un actif sur deux qui envisage de changer de profession ne sait pas comment se faire accompagner, constate l’Observatoire des trajectoires professionnelles dont la troisième édition est publiée ce 29 mai par le groupe Adecco. CPF et entretiens professionnels sont déployés, mais restent méconnus.

  Les apparences sont trompeuses, le marché de l’emploi est plus fluide qu’il n’y paraît. Tous les 12 mois, en France, plus d’un actif occupé sur quatre 4 (26,9 %) connaît une transition professionnelle. Le fait d’être jeune et le fait d’être une femme contribuent à accroître la mobilité. De même, les personnes dont les niveaux d’éducation sont les plus élevés se montrent plus agiles. (niveau Bac+3 à Bac+8 en particulier).

 

Interrogés sur leurs intentions à court terme, 10 % du panel envisagent de quitter leur emploi dans l’année à venir et un sur 10 envisage carrément de changer de profession. En outre, les personnes ayant précédemment vécu une transition au cours des 12 derniers mois, une sur 5 souhaite changer de profession dans l’année à venir. En d’autres termes, lorsque les actifs connaissent une transition professionnelle, celle-ci semble ne pas toujours les mener directement vers une situation professionnelle qui les satisfait. Pour l’observatoire, cela pose la question de la pertinence de l’accompagnement et l’appropriation des dispositifs existants par leurs bénéficiaires potentiels.

 

Les personnes interrogées expriment les difficultés. Plus de 3 actifs sur 5 (61,2 %) envisagent d’effectuer une formation dans les 5 ans à venir, mais 63,3 % estiment qu’il est difficile de trouver des informations pour orienter sa carrière. Par ailleurs, un sur deux ne sait pas à qui s’adresser pour obtenir de l’aide, des conseils ou un accompagnement. L’entretien professionnel n’est pas mieux maîtrisé. Supposé avoir lieu tous les 2 ans, il est bien mis en place, mais une grande partie des managers qui les mènent ne connaissent pas suffisamment les dispositifs de formation. Pire, seul un sur deux (52,7 %) sait exactement ce qu’est le compte personnel de formation (CPF) et plus d’un tiers (36,3 %) déclare ne pas savoir vers qui se tourner s’is avait lui-même besoin de suivre une formation.

 

Si 39,8 % des actifs déclarent savoir ce qu’est le CPF, seul 1 sur 2 a ouvert son compte en ligne et à peine 3,6 % des actifs ont sollicité une formation au travers de leur CPF. Comment expliquer un tel taux de déperdition ?   29 % des actifs expliquent qu’ils n’ont pas ouvert leur compte parce qu’ils ne souhaitent pas suivre de formation ;  2156 % ne savent pas comment l’ouvrir et 16,5 % n’en comprennent pas l’intérêt.