Travailler dans l’économie sociale et solidaire : la motivation ne fait pas tout

Engagement chevillé au corps, les jeunes diplômés sont nombreux à partir à l’assaut de l’économie sociale et solidaire, munis de diplômes spécialisés de niveau licence et master. Une enquête du Centre d’études de l’emploi et du travail  (CEET), conduite par Émilie Lanciano  et Diane Rodet de l’université Lumière Lyon 2, épaulées par Léa Lima (Cnam), publiée ces jours-ci, montre que les postulants, malgré leur forte motivation, ne sont pas de doux rêveurs. Plus de la moitié d’entre eux (56,4 %) savent qu’il est « difficile, voire très difficile » de trouver un emploi dans leur secteur, tandis que 22,5 % ne savent même pas à quoi s’attendre.

 

Leur vision du contrat de travail reste classique : huit sur dix tablent sur un CDI, à temps plein. Ils sont généralement prêts à accepter des rémunérations inférieures à celles du marché. Cet inconvénient présumé est relativisé par bon nombre de postulants. Ceux-là font valoir que l’érosion des salaires à l’embauche touche plusieurs autres secteurs d’activité. En outre, les intéressés invoquent la dimension expressive du travail et la mission sociale de ce genre d’organisations. « Ainsi, le sens donné aux missions constitue un critère de qualité de l’emploi », souligne l’étude.

 

L’économie sociale et solidaire (ESS) exerce néanmoins une forte attractivité sur les jeunes.  Secteur mal défini, elle compte dans l’estimation la plus basse 2,4 millions de salariés, soit 10,5 % de l’emploi en France.