Un jeune sur trois est victime de discriminations dans l’emploi

L’édition 2021 du baromètre sur la perception des discriminations dans l’emploi (14e du genre) est sans appel. Un jeune sur trois rapporte avoir vécu une situation de discrimination ou de harcèlement discriminatoire dans le cadre de sa recherche d’emploi ou de sa carrière, contre une personne sur cinq dans l’ensemble de la population.

Le baromètre qui s’appuie sur une enquête menée en collaboration avec l’Organisation internationale du travail (OIT) auprès d’un échantillon de 3 201 personnes représentatif des actifs de 18 à 34 ans révèle une perception aiguë des discriminations chez les jeunes. Un sur deux déclare avoir été témoin au moins une fois de discrimination ou de harcèlement discriminatoire dans le cadre de son activité professionnelle. Les critères de dérives les plus citées concernent le sexe, l’âge, l’apparence physique et l’origine. Près de la moitié de l’effectif rapporte avoir déjà été incitée lors d’un entretien à modifier son apparence ou adopter un certain comportement. Au total, 60 % des jeunes disent avoir déjà été confrontés à des propos stigmatisants ou des exigences iniques lors d’un entretien.

 

Dans un contexte de flexibilisation du travail et de forte précarité sociale des jeunes, ces discriminations s’inscrivent dans la suite d’attitudes hostiles, allant de propos et comportements stigmatisants à tout un éventail de situations de dévalorisation professionnelles. Ces agressions peuvent se doubler d’incitations ou de pressions illicites de la part de l’employeur. Les victimes sont nombreuses à garder le silence. Si plus de la moitié des jeunes victimes de discrimination ont entrepris des démarches à la suite des faits, plus de 4 jeunes sur 10 n’ont rien dit, et principalement les femmes. Pourtant, les discriminations produisent des effets durables et délétères sur la carrière, la santé et les relations sociales de ces jeunes, catégorie de la population particulièrement touchée par la crise sanitaire.

 

Ces faits génèrent également une perte de confiance dans l’avenir professionnel.  Par ailleurs, elles s’étendent au-delà du domaine de l’emploi, et se conjuguent avec celles subies dans d’autres sphères de la vie sociale. Pire, cette expérience douloureuse peut entrave l’accès à de nombreux droits tels que le logement (13 %), les loisirs (13 %), l’accès aux services publics (10 %).La  Défenseure des droits, Claire Hédon, recommande aux employeurs publics et privés de mettre en œuvre une phase de diagnostic et d’enquête au sein de l’organisation pour mieux identifier les risques discriminatoires à l’encontre des jeunes salariés. Elle leur suggère aussi d’engager des actions de prévention et de lutte contre les discriminations, et de prévoir des mesures spécifiques ciblant les jeunes actifs et de revoir les processus et critères de décision en matière de ressources humaines tout en informant et sensibilisant l’ensemble de leur personnel.