Un manager sur deux a déjà été confronté au fait religieux en entreprise et un sur quatre le traite régulièrement

L’Institut Randstad et l’Observatoire du Fait Religieux en Entreprise (OFRE) présentent les résultats de leur troisième étude commune sur le fait religieux en entreprise. Elle confirme l’ancrage du fait religieux dans l’entreprise, et sa  progression.

 

 Un manager sur deux a déjà été confronté au fait religieux en entreprise. Jusqu’à présent, seule une minorité (44%) l’était. De même, en 2015, le fait religieux se manifeste avec plus d’intensité: une personne interrogée sur quatre déclare rencontrer régulièrement – de façon quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle – la question du fait religieux dans son entreprise, alors qu’elles n’étaient que 12 % en 2014, soit une proportion deux fois moins importante. Ces résultats figurent parmi les principaux enseignements de l’étude Institut Randstad/OFRE, réalisée entre février et mars 2015 sur la base d’un questionnaire en ligne conduit auprès de 1 296 salariés exerçant pour la plupart des fonctions d’encadrement.

 

 L’actualité récente a eu des conséquences certaines sur la perception des pratiques et demandes religieuses. Ainsi le fait religieux en entreprise semble plus que jamais compliqué à gérer pour les managers, même si, en pratique, les cas réellement bloquants sont toujours très peu nombreux. Ils ont cependant bien identifié à quel point leur entreprise (RH, juristes, notamment) peut les aider dans la résolution de ces situations.

 

Les salariés sont quant à eux plus attentifs aux manifestations de la religion en entreprise qu’auparavant. « Ils restent tolérants envers les croyances mais souhaitent que les pratiques religieuses soient encadrées et n’entravent pas le bon fonctionnement de leur entreprise et de leur équipe », commente Aline Crépin, directrice de la RSE du groupe Randstad France et déléguée générale de l’Institut Randstad pour l’Egalité des chances et le Développement durable.

 

« Les questions de la place de la religion dans la société et au travail se renouvellent sans cesse. Chaque nouveau cas conflictuel mis en lumière par les médias en est l’occasion. Ces questions sont sensibles et difficiles à cerner. Elles renvoient à celle de la laïcité, notion pour laquelle chacun semble avoir sa propre définition. Depuis trois ans, nos enquêtes le montrent : il n’y a pas d’explosion du fait religieux en entreprise. Si une entreprise sur deux environ est régulièrement concernée, ce pourcentage reste stable année après année. En revanche, les cas compliqués à résoudre, éventuellement conflictuels, augmentent. Si quantitativement, le fait religieux au travail n’évolue pas, qualitativement il se complexifie et pose davantage de problème au management. Il appelle plus que jamais à savoir articuler du courage managérial face aux cas inacceptables avec du pragmatisme, de l’ouverture d’esprit et du respect des personnes pour gérer la grande majorité des situations qui ne posent pas ou peu de problème », analyse de son côté Lionel Honoré, professeur des universités et directeur de l’OFRE.