Un projet expérimental vise à créer un contrat d’apprentissage unique européen

Trente-trois centres de formation  professionnels implantés dans 12 pays, dont 16 en France  lanceront le 20 septembre  à Bruxelles  un programme européen pour la mobilité longue des apprentis. C’est une initiative de l’association European Apprenticeship Programme (Euro App’ ), présidée par  Antoine Godbert, ancien directeur de l’agence Erasmus+.

 

Le projet vise à créer, à terme,  un “contrat d’apprentissage unique européen”, qui facilitera la mobilité internationale des jeunes en formation alternance. Dans un premier temps, les 145 premiers bénéficiaires du programme conserveront  le  statut  d’apprenti  tel  qu’il  existe  dans  le  pays  d’accueil.  Ce panel est volontairement limité afin de gérer convenablement les situations au cas par cas. Les acquis validés durant la période de mobilité seront reconnus pour l’obtention d’un diplôme dans le pays d’origine. Une procédure est en cours  dans  le  cadre  de  cette  expérimentation,  pour  obtenir  la  double  reconnaissance des compétences professionnelles, dans le pays d’origine et dans le pays d’accueil,  et à terme dans tous les pays de l’UE. La grande majorité des intéressés (95) ont un niveau compris entre  le CAP et Bac pro (V et IV dans le jargon). Sur les 145 jeunes qui essuieront les plâtres, on compte 75 apprentis français.

 

Un financement de 1,8 million d’euros dédié à l’expérimentation a été attribué par la Commission européenne. Le   consortium   percevra   782000 € pour   accompagner   la   mobilité   des   145 apprentis sur la période d’octobre 2016 à juin 2017, soit une enveloppe moyenne de 5 400€  par  jeune.  Ces  fonds  seront  utilisés  exclusivement  pour  la  formation  des  apprentis  pendant  la  période  de  mobilité  à  l’étranger,  la  préparation  linguistique,  et  pour,  éventuellement,  combler  les  déficits  de  certains  pays  en  terme  de  couverture  sociale.  Une  demande  d’extension  de  l’expérimentation est d’ores et déjà adressée  à Bruxelles.

 

« De nombreux points doivent évoluer, qu’ils soient de nature juridique pour créer un cadre réglementaire de l’apprentissage dans nos différents pays, ou bien de nature sociale et culturelle car il est loin d’être évident pour un jeune, surtout de niveau V et IV, de partir aussi longtemps. Nous devons également nous assurer que les entreprises partenaires s’adaptent elles-mêmes à ces jeunes venus d’autres pays  » précise Antoine Godbert.

Le projet pourra être reconduit jusqu’en 2020, il pourra ensuite être pérennisé.