Une enquête donne la mesure du blues des chercheurs au CNRS

Ressources financières insuffisantes, effectifs limités, charge de travail mal répartie, rémunération peu motivante. Le personnel du CNRS juge sévèrement les conditions de travail dans ce haut lieu de la recherche publique.

Ca va mal, c’était mieux avant, et ça ne s’arrangera pas. C’est en gros le jugement que les grosses têtes du CNRS, le temple de la recherche française portent sur leurs conditions de travail. Interrogés par la société d’études Promise Consulting fondée par Philippe Jourdan, ils sont 58 % à juger leur environnement professionnel mauvais ou moyen. Seuls 7 % les qualifient de très bonnes. L’insatisfaction croît fortement avec l’ancienneté pour atteindre un pic dans la tranche des collaborateurs ayant entre 11 et 20 ans d’ancienneté. Autrement dit, ceux qui exercent des responsabilités d’encadrement ou de pilotage de projets de recherche sont les plus critiques.

 

Les motifs d’insatisfaction concernent l’insuffisance des moyens financiers alloués à la recherche, l’inadéquation des effectifs de chercheurs, d’ingénieurs, de techniciens et de personnel administratif pour remplir les missions allouées. En outre, le CNRS souffre selon les répondants d’une technostructure trop bureaucratique. Pour couronner le tout, les perspectives de carrière sont médiocres. Et là encore l’évaluation négative croît avec l’ancienneté, en particulier de la part de ceux dont l’ancienneté est supérieure à 20 ans.

 

« Les réductions budgétaires ont participé d’un éparpillement des tâches et partant d’une perte de vue des priorités nuisibles à l’efficacité d’ensemble et portant atteinte à leur motivation », Philippe Jourdan, associé fondateur Promise Consulting et Professeur des Universités (photo).

 

 

 

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