Une étude alarmante du Cereq : près d’un salarié sur dix occupe un « emploi éclaté durablement précaire »

Sous le vocable « emploi éclaté », le Cereq regroupe les salariés liés à plus d’un employeur au cours d’une même année, simultanément ou consécutivement. Et si cette situation dure plus d’un an, il s’agit alors d’un emploi éclaté durablement précaire. À cette jauge, un travailleur sur dix est concerné. Alarmant.

Alexandra d’Agostino, Christine Fournier et Camille Stéphanus qui signent l’étude constatent en premier lieu que cette forme d’emploi concerne principalement les jeunes et les femmes. Parmi les personnes relevant de cette catégorie, 35 % des salariés ont tout au plus 30 ans, contre 23 % pour l’ensemble des salariés . Les femmes aussi sont surreprésentées : 54 % contre 40 % dans la population salariée. À l’inverse, les quinquas sont relativement moins nombreux. Ils comptent pour 18 %, alors qu’ils représentent près d’un actif en emploi sur quatre (24 %).

 

Le trio d’experts notent que ces jobs restent concentrés dans le tertiaire. Ils sont assortis de salaires inférieurs de 15 % à celui de leurs homologues permanents. Ils ont aussi des temps de travail réduits et exposent les intéressés à « des craintes face à leur avenir professionnel ». Aux premiers rangs figurent les services administratifs et de soutien (48 %), l’éducation, la santé et l’action sociale (36 % %) ou encore dans l’hôtellerie restauration (12 % ).

 

Troisième constat : La formation est couramment perçue comme porte de sortie. Deux tiers de cette population déclarent souhaiter se former. Toutefois, un sur trois dit ne pas être informé des possibilités de formation. « Sur la période 2014/2015, et toutes choses égales par ailleurs, un salarié en emploi éclaté durablement précaire s’est formé 1,5 fois moins que les autres salariés » peut-on lire.

 

La conclusion sonne comme un appel aux pouvoirs publics : « En cette période de crise sanitaire qui touche fortement les secteurs où l’emploi éclaté durablement précaire est le plus présent, la question de la sécurisation des parcours professionnels des personnes concernées est prégnante. Celle de l’accès aux formations susceptibles d’améliorer leur situation professionnelle en est un des principaux enjeux. Le Compte personnel de formation pourrait-il constituer une des réponses aux besoins de formation des salariés en “emploi éclaté durablement précaire” ?