Violences conjugales : les entreprises durement impactées

Les victimes de violences conjugales sont aussi, souvent des salariés d’entreprises. Celles-ci en subissent donc les conséquences. L’étude que publie ce 14 novembre OneInThreeWomen, réseau d’entreprises engagées contre ce phénomène, le confirme.

Menée auprès d’un vaste échantillon de 40 000 salariés, l’enquête fait ressortir que deux salariés sur dix dont déjà subi des violences conjugales ayant eu des conséquences sur leur vie professionnelle. Dans un cas sur quatre, l’intéressé a dû prendre un congé pour cette raison. L’impact indirect est plus important. Plus de la moitié (55 %) de l’échantillon a été affectée dans la vie professionnelle, notamment du fait des retards, d’absences ou de baisse de leur productivité.

 

L’étude montre que la violence conjugale ne se manifeste pas seulement entre les murs du domicile. Elle se prolonge jusque dans l’entreprise par le biais d’appels téléphoniques et textos, emails injurieux . Il n’est pas rare que le harceleur s’invite dans l’entreprise (44 % des cas) ou sévisse à proximité (57 %). Certains d’entre eux prennent contact de la personne violente (37 %).

 

Interrogées, les personnes harcelées ou violentées font état de nombreux troubles que leurs collègues déclarent avoir également perçus. Parmi ces signes figurent, par ordre de fréquence dans les réponses, les désordres émotionnels, blessures physiques, les variations de productivité inexpliquées, les absences et retards répétés. Par ailleurs, parmi ces salariés ayant connaissance de violences subies par des collègues, 20 % affirment que ces dernières ont eu des conséquences sur leur propre travail. 

 

Par ailleurs, l’étude révèle une forme de silence autour des violences conjugales, notamment de la part des victimes. Seules 37 % d’entre elles ont déclaré avoir discuté avec un collègue de ce qu’elles subissaient. Les 63 % restantes n’en ont pas parlé, surtout car elles trouvaient cela inapproprié sur le lieu de travail (67 %), mais aussi par peur, honte, déni ou encore crainte que cela n’affecte leur travail ou leurs perspectives de carrière