Le jeu vidéo peut être un développeur de compétences, estime une étude de l’Edhec

Les jeux vidéo sont avant des facteurs très puissants de motivation et d’engagement. Qu’elles soient compétitives à l’instar des bien connus Call of Duty et Fortnite, ou plus collaboratives à l’image de Age of Empires, Battlefield et Final Fantas, les expériences variées offertes permettent de développer de nombreuses compétences.  C’est la conclusion d’une étude de l’Edhec NewGen Talent Centre qui a interrogé de jeunes étudiants sur ce thème.

 

D’après les résultats de l’enquête un étudiant sur quatre interrogés ne joue jamais, 31 % sont des joueurs occasionnels (deux à trois fois par an), 23 % sont réguliers (au moins deux fois par mois) et 20 % jouent de manière assidue, c’est-à-dire deux fois par semaine ou plus. Joueurs ou joueuses, les étudiants interrogés développent les mêmes compétences. Au global, la concentration et la persévérance figurent en tête des compétences les plus citées par les répondants.

 

L’ensemble de ces compétences a été classé selon 5 profils de personnalité adaptés du modèle de motivation et de personnalité de Mowen. Chaque profil est déterminé par sa propension principale à l’auto-efficacité, l’action, la compétition, l’apprentissage et la sociabilité. Primo, la capacité d’apprentissage .Secundo, la sociabilité (social) – Travail en équipe, écoute, coopération et aide mutuelle. Les filles citent en complément les relations interpersonnelles. Tertio, l’esprit de compétition. Les étudiants déclarent que la pratique des jeux vidéo développe des capa­cités de compétition et de combativité. Le goût du challenge est également évoqué par les filles. Quarto, l’appétence à agir et la persévérance, avec comme valeurs connexes, le sens de l’organisation, la rigueur, la ténacité, l’agilité. Cinquo, l’auto-efficacité.

 

Pour les auteurs de l’étude, les implications en termes de management ne sont pas négligeables.  « L’environnement de jeu et l’organisation de la vie professionnelle ont beaucoup en commun. Des travaux de recherche ont montré qu’ils sont tous deux régis selon des valeurs, des priorités, des compétences et des normes identiques », explique Manuelle Malot, directrice de l’Edhec NewGen Talent centre  (photo). « Les compétences cultivées en jouant sont ainsi large­ment transposables à l’environnement de travail ».

 

Autrement dit, les entreprises pourraient utiliser les jeux vidéo pour mieux comprendre le potentiel de leurs collaborateurs et développer leurs compétences tout au long de leur carrière. « Le jeu représente un contexte d’apprentissage particulièrement efficace. L’engagement des joueurs dans le développement des compétences se fait sans effort, car ils sont intrinsèquement motivés. Il pourrait également être intéressant d’adapter et personnaliser la gestion des ressources humaines en fonction du profil des collaborateurs, qu’il soit orienté vers la compétition ou plus socialisateur », lit-on dans l’étude.