Le télétravail s’installe dans la durée, de nouvelles pratiques s’imposent

Le 11 mai, date annoncée de sortie de confinement, ne signifie pas la fin du télétravail pour tout le monde : deux Français sur trois souhaitent continuer à officier à distance après la crise. Le gouvernement conseille de maintenir si possible ce mode de collaboration dans un premier temps. Cela n’ira pas sans poser quelques problèmes. La « distanciation sociale » occulte une dimension essentielle du travail : le lien social. « Avec un télétravail imposé et non contrôlé, les salariés n’ont pas accès à l’interaction humaine que constitue le regroupement de salariés, ce qui peut avoir un fort impact sur le travail et l’équilibre personnel », indique Stéfanie Reetz, directrice associée chez AlterNego, un cabinet conseil qui se définit comme spécialiste du « mieux vivre ensemble » au sein des organisations (photo). L’atténuation involontaire des relations se pose en particulier dans les grandes entreprises, appelées à revoir leurs modes de fonctionnement et leurs méthodes de management.

 

« Face à l’impératif de distanciation, notre façon de nous comporter avec les autres n’est plus la même : nous communiquons par écran et téléphone interposés. Cette situation est pratique, mais peut devenir anxiogène », observe Stéfanie Reetz, par ailleurs experte en prévention des risques psychosociaux. Il faut, recommande-t-elle, travailler sur de nouvelles manières d’animer durablement une équipe : s’assurer des conditions matérielles d’exercice de l’activité professionnelle des collaborateurs, les accompagner dans la gestion de leur temps, les former aux nouveaux outils , rester en contact et les interroger avec tact sur leur état physique et moral, leur niveau de fatigue et de motivation, etc. » . Tout cela en gardant à l’esprit la nécessité de préserver un bon climat social. Même à distance, la dégradation peut se propager. Tous les managers ne sont pas prêts à cet exercice.